Construite à l’emplacement d’une ancienne grange au cœur du village de Dalheim, cette maison s’inscrit dans une réflexion sur la transformation du patrimoine rural. Le projet ne cherche pas à reconstituer le bâtiment disparu, mais à prolonger sa présence en réinterprétant son volume, ses proportions et certains principes de l’architecture vernaculaire dans une écriture contemporaine.
Le nouveau bâtiment prend place dans le gabarit de l’ancienne grange, accolée à une maison de style Art déco rural. Il en conserve l’échelle et le rôle complémentaire dans la composition du front bâti du village. Le soubassement existant et sa cave voûtée sont préservés et constituent l’assise du projet, un choix également dicté par la présence d’importants vestiges archéologiques de l’époque romaine.
L’habitation est organisée sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée rassemble les espaces de vie dans une séquence ouverte reliant la rue au jardin. Les chambres des enfants et des invités occupent le premier étage, tandis que les parents prennent place sous la toiture, où une grande lucarne ouvre la chambre principale sur le paysage.
Revêtue d’un bardage en cèdre rouge laissé brut, la maison évoque la matérialité des constructions agricoles de la région sans en reproduire les formes. L’entrée reprend l’échelle du porche de l’ancienne grange, tandis que des volets et panneaux coulissants réinterprètent des dispositifs traditionnels et permettent aux habitants de moduler l’ouverture de la façade sur la rue.
À l’inverse, la façade tournée vers le jardin s’ouvre largement grâce à de grandes baies vitrées. Le soubassement existant, plus profond que le nouveau volume, permet de créer une vaste terrasse prolongeant les espaces de vie vers l’extérieur. Le projet affirme ainsi qu’une architecture contemporaine peut s’inscrire dans un contexte rural en réinterprétant ses principes plutôt qu’en reproduisant ses formes.
